À propos 

COMPTE SUR TES MAINS le site enfin finalisé, ça y est ça ressemble à un livre !

(par livre je veux dire que ces 3 poèmes fonctionnent ensemble, dans l’ordre donné, (le .blog peut faire penser le contraire, pardon, le .com était trop cher))

De CSTM à 666LAPOASSIE en passant par CLN c’était un chemin. C’est la fin d’un arc comme on dit. Qui aura duré 3 beaux poèmes et quelque chose comme 1 an.

merci à qui lira
bisous

CSTM

I

je suis terre à terre quand je dis
que la lune est un disque

qu’elle a tourné septante-trois fois
depuis mon dernier poème

c’est vrai que depuis mon dernier poème
je n’ai pas cessé
de travailler

II

le jour ne s’est jamais levé
la nuit n’est jamais tombée
ce n’est pas si grave
de comprendre

si tu ne veux pas mourir
ce n’est pas si grave
d’attendre

III

moi
j’embrasse la beauté de mon bras valide
ni pécheur ni innocent
je boite à reculons direction la maison
le jardin

le potager
je cherche mes mains
fidèle au poste et aux points cardinaux
je refuse de me demander
d’où je viens

IV

je ne pense qu’au travail je ne
pense qu’au repos
et quelle va être ma semaine
j’ai jeté beaucoup d’années au sol pour regarder fleurir
ma terre
j’ai bon espoir de m’y étendre un jour

 

V

je fais tout le tour je suis plus léger je suis moins désireux d’en parler
je vois tous les jours du travail à fournir j’ai appris à danser j’apprends
l’espoir maintenant je l’aime de moins en moins je suis désireux de

finir

VI

la drogue m’a laissée
avec un savoir
si je suis fatiguée je vois des fantômes ça n’est toujours pas
une métaphore ça n’est pas l’esprit des mots ni des
morts
c’est un signal pour me dire
que je dois partir

VII

et 6 je ne peux plus manger
l’air ne pourra plus rentrer
et 6 un silence
est un coup de klaxon
dans la rue
et 6 la police vous tue
quand vous êtes en train de lire
quand vous essayer d’être
quand vous auriez voulu
dire
6 lances
fusent

 

VIII

mémoire des visages et appétit des nombres
sur un temps assez long
un espace suffisamment grand
tout coule dans le bois tout est perdu dans le sang
6x4x2
c’était le long du fleuve
que je rentrais dans le ventre

IX

des enfants chanteurs et tout le monde s’accorde
pour dire oui
ils ne font pas semblant
tout ça c’est pour tout le monde

c’est comme avoir faim
ils diront
c’est comme l’aube c’est comme
les insectes
au printemps
la chaleur en été

des enfants chanteront et tout le monde s’accordera pour dire
oui
oui oui et oui
c’est comme les nuages et comme la pluie
c’est comme les chansons mars
et février jamais
personne n’osera mentir

X

on espère que les oiseaux s’en repaîtront
c’est ce qu’on espère c’est ce qu’on se dit
c’est ce que tout le monde se dit
pendant qu’on mêle l’eau au savon
le propre et le sale
c’est ce que tout le monde pense

 

XI

l’eau la lumière et le vent
je ne m’ennuie jamais jamais
et je suis seule et seul
j’ai des amis pour le dire
je dors la nuit
j’ai une mère que j’adore
je ne cherche pas les paroles
je dis la vérité
je fais semblant
je suis tout nu dans ma douche
je me touche
je me tourne
je me touche

 

XII

je suis une pierre bègue
j’ai décidé de
manquer mon temps
tout ce que je dis me
répète
et cela est très bien
je ne finis pas mes phrases
je ne peux pas faire mieux
et vous devrez tous comprendre

c’est très important

XIII

nous ne dirons rien de ce qu’on sait déjà
et encore rien que cela
il faut de l’ombre et de quoi boire
des gouttes pour les yeux

ce qui commence s’arrête pour la même raison
c’est trop sec ou
ça ne l’est pas assez

il faut mouiller le pain pour l’avaler
épaissir l’eau pour l’avaler

même à la mort c’est
l’ hu mi di té

tu envoies des ordres
je devine un monde

de démangeaisons

XIV

gouttes d’eau suspendues aux poussières très très hautes
nuages
moment unique du cycle de l’eau
courrier animé
cumulonimbus ou stratus
miroir du soleil et porteur de présage
moutons
être entier ou partie d’un monstre
vision du dessous ou bien vue du dessus
réponse à la prière
nougat
distraction
homonyme
symptôme

XV

je dévalais les escaliers
en montant
je faisais des choses on me demandait
pourquoi
je ne savais pas répondre
je ne savais pas de quelle manière
de quelle manière d’enfant
plus tard j’ai dit beaucoup de choses
mais je n’ai pas tout dit
j’ai gardé un secret que je ne garde pas seul
j’ai vu par la fenêtre les
branches de l’arbre faire une fortune
terrifiante
c’est vrai je l’ai vraiment vu je l’ai vraiment vécu
j’ai appris plus tard que tout le monde avait menti
j’ai appris comme je continue de croire
c’est moi qui décide
c’est moi qui le dit

XVI

plus tard j’ai eu peur comme dans le noir
sans mur pour me tenir
sans image

je n’ai pas eu le temps de baisser
ma garde
je cours vite
je pars à la ville
je parle en échos
j’ai eu peur
je n’ai encore
connu qu’une chose
voilà

XVII

j’ai appris que l’astrologue avait menti
que le soleil n’était pas où il disait
à ma naissance trois cinq huit et neuf

XVIII

les murs sont couverts de ses souvenirs
c’est facile d’écrire modernement
les bêtes dans le ciel et dans le ciel
les petites répétitions
il faut partager l’espace en 4
l’espace entre vingt rayons
elle y tient comme à sa conscience
peurs de nos peurs
bien assez communes pour être aimées comme une

XIX

ce n’est pas ni la nuit ni le jour ni l’heure des loups
personne ne les a décidés
les enfants – les étoiles
aux branches dégarnies ont pris la peine
de monter

autrement dit sauter du lit
autrement dit à la vue de tous
et ce n’est pas dans mes bras qu’ils iront se
réconforter

XX

chasseur
alliance
moteur inhumain
votons ensemble
tout n’est pas aussi médiocre que
la joie la fête la viande
et 6x6x2

 

XXI

6-7 = énorme mensonge

matin d’octobre chaud
février d’hiver
rien n’existe qui n’a pas d’âme

sous son autorité
ou à sa cour

XXII

à quelle latitude le jour
à quelle altitude la nuit
je suis mourant dans un océan de sen-
teurs
           électriques
           magnétiques
           et quan-
tiques

la couleur brûle et la fleur est pleine de regrets
la neige tombe sur ma voix
de ma voix tombe de la neige
rien n’a voulu changer de sens
2+2=2
on ne peut plus s’empêcher de ressentir quelque chose
on n’abolit pas sa vie
et ce quoi qu’elle puisse être

XXIII

tout ce qui vit pèse et me manque
15=7
pays en guerre sans discernement

m’as-tu fait tendrement
entendre ta voix
qu’est-ce qu’une tombe au regard de l’a                mant

XXIV

seule comme un nombre
3 fois 3
fait 11
rien de tout ça n’est vrai
le soir fait 8 fois 8
tes mains font 5 et 5
le fossé se creuse
impossible d’avoir
ne demande qu’à voir

CLN

I

une      éclipse      et      c’était      un      visage
m’observant vite puis se cachant

une voix dit :
éteins les lampes
pour nous lire
éteins les lampes

mais la rue l’école les enfants s’allument

 

II

18 têtes noires et 18 têtes blondes
sont au ciel et regardent les fleurs
à leur constellation
j’ai reconnu celle qui dit

les

      trésors

                     du

                            ciel

                                      tombent

                                                           pour

                                                                       les

                                                                               uns

                                                                      autres

                                                                les

                                                       pour

                                       montent

                              terre 

                           la 

                      de 

          forces

     les 
et

 

III

(vous            les          orbes    du           ciel      tomberont         sur vos           têtes

tout       ce que             vous         avez jeté            vous      sera                 jeté

                             par                       eux                                 au visage

                                                         car ce sera le début            car eux               seuls                                                        méritent           d’être aimés

et vous                       d’abord                                   leur avez menti)

IV

nous savons tout du roi
idole sans cou
verbe sans pied
sentant et sentiant
sa vie s’annonce meurtrière
nous ne disons pas ce que nous sommes
mais à toi nous pouvons te dire
que nous aimons partout

 

V

ils n’ont encore tué personne mais jurent que ça viendra…
ils disent attendons le ciel fleuri le ciel qui fleurisse…
ils disent attendons le ciel fleuré…
je les ai vus ils n’ont plus besoin de leurs yeux pour jouer…
personne ne raconte leur histoire mais bientôt tout sera là…

VI

CLN s’étend comme un allié gouverné par des fous
sur le bois mon arme pend
des enfants qui ne sont pas passés
se préparent à recruter
CLN ils disent CLO CLJ
le temps s’avance sur leur labyrinthe de fuite

VII

(fleurs séchées sur leur dos des plantes grasses sur leur poitrine
dans le café noir je plonge
mes yeux pour le repos
j’ai besoin de repos
je dois sortir du royaume
j’ai cherché la couleur de leurs yeux dans les fleurs
leurs yeux étaient dans les fleurs
c’est là où ils étaient)

 

VIII

jet de pierre sur les lampadaires
l’aurore à minuit c’est terminé
de nos yeux nous ne gardons
que la couleur de M et de B
nous ne sommes là ni pour punir
ni pour désunir

IX

c’est sans doute le chemin
c’est la fête qui monte sur le globe et danse
nous t’écoutons nous avons écouté ta joie
nous sommes l’écho nous avons laissé nos yeux
battre le tambour
parole de la chair au dessus du monde
alors que tout est aux

                                                       cieux             yeux   

X

encore une fois avec toi mon coeur
je te sème
tiens les bras en croix pour te protéger du gouffre
tiens à ta prière
et pense à me parler
j’ai encore un jardin devant moi pour demain

666LAPOASSIE

LA POASSIE

I

venu chialer sur cet hiver
oh plaies à profusions
ô lances des fées

perçant la nuit funèbre
perçant mon flanc défait

mon sang coule plus chaud sur la neige
ma fièvre ma jambe d’acier
venue chialer sur cet hiver

II

ils ont pris pour pourri ce que nous avions fait
notre repas et l’aube et son spectacle et ses fourrures
tout s’est retourné comme un abîme bascule d’un monde à l’autre
c’est l’hiver et c’est le notre
venu chialer partout comme je me souviens
avoir couvert mes mots de pleurs

celui qui vient
le grand fleuve POASSIE
apporte un continent

III

j’ai réagi par un éclair
tombé en mon lieu et mon temps et ma pierre
tombale c’est le pays de la mort qui avance
c’est d’infinies particules de souffre qui persistent dans mon cou
c’est l’océan retourné et les vagues qui menacent de faire tombe
c’est dans un éclat
chaque année que la nuit tombe

j’ai repris la porte en disque blanc
par un tour
un baiser pour attirer encore ce corps à moi la mer
découpée au lieu de la laisser faire
j’ai décidé de laisser tout
qu’est-ce que c’est ne pas savoir sortir de son rêve

c’est dans un éclat… etc.

IV

le bout de mes nerfs sont des fleurs et furent pareilles aux fleurs aperçues sur les petits espaces verts depuis la fenêtre du bus en allant et en rentrant du travail (…)
les poser sur la pierre et sortir la lame c’est tout dire
je cueille des fleurs sur les couleursives je les plante dans mes rêves
je sais que le diable est au bord de la mer et m’attend
car elles chantent les vagues au bord de la mer

V

des volcans en noir et blanc aspergent mes ailes qui poussent
réelles comme la neige
c’est ce que nous sommes
c’est ce que nous avons fait
c’est ce que nous serons
voici le plan du poème :
j’entre dans un fleuve souterrain
je dis la profondeur je dis la latitude
je ne trouve pas le bord
je donne la source et le plan
je fais part de mon inquiétude
je nage
je divague
je tente encore une fois de dire l’eau
je laisse un indice
je divulgue la méthode
je fais grand cas de moi même
je laisse le nom des fleurs derrière moi je dis fleurs et ça dit déjà tout
je garde pour moi ce que j’ai appris
je lève les yeux vers les yeux du lecteur
je joins les deux bouts

prends toi le livre en main
lui dis-je
près de ton feu qui tremble
ferme la porte à ce qui gronde
frotte ta tombe

VI

par dessus tout l’eau
la tristesse de mon or
la montagne où trouver l’amour
la mort au bord du lit
le trésor caché
la vie qui me donne l’âme
c’est à dire ici pas très loin de moi
le désert parsemé d’os
la farce du loup dans l’autre
la danse des pigeons
mon ombre

VII

enveloppé dans un papier plié :
la poassie ce n’est pas s’avouer vaincu
ni danser dans les couleursives
les couleurs sont passées sans prendre congé 
l’amour enveloppera le coeur le ventre la poassie
la vie le lierre et le sang

plus fort que les points du ciel

VIII

plus fort que les points du ciel
les fleurs brillent sous mes pas
la fraîcheur de la nuit la larme de la fuite

IX

le ciel
le ciel est passé
la mort n’aime pas la vie
la vie n’aime pas la mort
mais vous qui mangez ce qui est mort
vous êtes la vie

enfin écoutez ma joie vous qui saurez quoi faire
ce n’est pas la terre qui tourne c’est la nuit qui tombe
et avec elle votre nuit

X

le continent POASSIE avance invisible aux continents humains
ses fleuves tournent sur la terre
moi brillant comme un sperme argenté à la lune
je me suis enfoncé dans cette terre sans la comprendre
soumise au dragon comme toi j’ai tordu mes poignets

je n’ai pas dit ne laisse pas n’importe qui se parfumer de nos coeurs
si tu comprends les symboles que j’utilise tu n’y es pas encore
j’ai tellement grandi que je déborde
aucune place ne peut m’être donnée
je ne voulais pas créer des petits soldats ni des petits soldats du soleil
ni les petites gouttes accumulées malgré moi sur la roche de ma fenêtre
petites gouttes couvertes de poussière que je regarde en tournant la tête et sans mélancolie
je dis sans peur des redites
je rêve la roche mouillée des grottes
on sait tout quand on sait qu’on peut voir des étoiles sous terre
c’est elles qui donnent au fond
les fleurs terrestres

666

I

je donne
mon oiseau au deuil

je le suis le nez
devant mes quatre yeux

je sors mon arc
la vie me viens
et il n’y a pas d’autre choix

c’est ça ou contourner l’arc-en-ciel

II

j’ai retrouvé
la magie de la tombe
mon ombre
ma terre minérale

le royaume de m
la vie de Ma
dans la foule il y a plus d’un moi
ha ha

III

on peut tirer des cordes d’atomes entre les étoiles
on peut un jour
peut-être
je n’aurai plus ni mes mains ni ma mémoire
et alors

je ne cacherai pas de me plaindre
je n’ai pas pensé que la poésie puisse être une maladie
mais j’écoute ma joie
et j’écris ma loi
je ne sais pas si elle passe par nous
ou si nous passons par elle
j’aime imaginer que oui
j’aime imaginer un long rapport sexuel

avec elle
une nouvelle leçon
c’est une chirurgie vieille comme l’âme de trouver des ciseaux
nic est sun net feu les sous sol
plus gentiment donnée cette fois

IV

reste alors à déchiffrer en bas du ciel ce qui me brûle pourtant encore les yeux
il n’y a que moi
ici volcan désincarné réel
puis les noms et les nombres et les mondes

reste alors… etc.

V

je fais mien le silence de la terre qui tourne sur elle même
et en elle même
je fais mon trou

peut-on mettre sur soi un tel sort
qu’on n’en sort pas
je suis poète même si je dors

je fais une pause
je dois faire une longue pause
deux lunes à marier
impossible
enfanterai-je mes parents
pour me damner

ma blessure profonde est
comparable à la neige
elle va fondre

VI

je te revois sur la tombe
je suis un fond
je suis un fond de vie
je suis comme nous
rien dans ce corps dédit
non nous ne serons pas les étoiles nous ne ferons pas des lignes
mais oui nous tendrons notre nez heureux pour que le vent nous guide

j’ai bâti cette tour pour voir le sire se lever plus tôt
que chaque vitre sale qui l’entoure soit lavée
sur ma flèche je suis
personne – venue au monde et – ne sait moins ce qu’il veut – ce que vous en direz

VII

la parole avance lentement et sûre comme les continents bougent
rien n’empêchera les nouvelles montagnes de se lever
j’ai dit la poésie c’est l’utopie maintenant c’est le royaume de m
à qui vivra vera
et aux anciens adieu

VIII

le ciel
le ciel est passé
la mort n’aime pas la vie
la vie n’aime pas la mort
mais vous qui mangez ce qui est mort
vous êtes la vie

enfin écoutez ma joie vous qui saurez quoi faire
ce n’est pas la terre qui tourne c’est la nuit qui tombe
et avec elle votre nuit